Saillance, quantité et position. Les syllepses à la fin des poèmes de Francis Ponge

Andreas Romeborn

Abstract


La syllepse, pouvant être définie comme l’emploi d’une occurrence de mot dans deux sens différents, est une des figures de prédilection de Francis Ponge. Cet article examine les syllepses employées à la fin des poèmes de Ponge et s’intéresse à cette figure du point de vue de sa réception. À l’aide d’une analyse quantitative d’un corpus composé de 90 poèmes de Ponge, nous avons voulu tester l’hypothèse selon laquelle la fréquence de syllepses serait particulièrement élevée dans la partie finale de ses poèmes. Les résultats, inattendus, tendent à infirmer cette hypothèse, car il s’est avéré que la fin des textes étudiés ne se distingue pas par une fréquence de syllepses spécialement élevée. Ainsi, la fréquence ne se présente pas, ici, comme un facteur décisif permettant de comprendre le caractère saillant des syllepses apparaissant à la fin des textes, c’est-à-dire d’expliquer le fait que celles-ci sont susceptibles d’attirer beaucoup l’attention lorsqu’elles sont employées à cet endroit. En revanche, les résultats indiquent, indirectement, l’importance des facteurs positionnels pour la perception de cette figure : il se peut en effet qu’une syllepse soit perçue comme saillante du fait même de son positionnement, par exemple en raison de sa position à la fin du texte.

Keywords


syllepse; Francis Ponge; saillance; analyse quantitative; position textuelle; fréquence; fin

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ISSN: 2000-3560